Club de Croisière Croisicais


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                                                                                                                                 Permanence tous les samedi de 11h30 à 13h30 à l'ancienne criée

 
 

JACQUES-YVES LE TOUMELIN
 


Jacques-Yves Le Toumelin est né en 1920. Son père, était commandant au long cours et ancien cap-horniers.
Passant ses vacances au Croisic, il en avait acquis l'amour de la mer, amour exclusif.
En 1943 il fait construire "Tonnerre" au chantier Bihoré sur les gabarits de "Marie" sloop de pèche de 8m à Jean dit "Pironton". Ce sloop était encore au Croisic il y'a quelques années.


L'occupant vole "Tonnerre" en 1944. Conduit par des incompétents, il se perd sur les rochers de St Marc. Seuls quelques objets et instruments de navigation avaient été préalablement soustraits par jean Quilgars son grand ami de toujours. 

Un officier allemand rapporta le sextant qui avait appartenu au commandant Le Toumelin.

En 1946, l'architecte naval Henri Dervin lui dessine un bateau inspiré des formules mathématiques de lignes d'eau de l'architecte norvégien Colin Archer. Les plans du bateau relèvent également d'une étroite collaboration avec Jacques-Yves Le Toumelin. 
KURUN est alors mis en chantier le 9 Septembre 1946 au Chantier Leroux (Ex chantier Bihoré). Le contremaitre en était Jean Moullec,  maitre charpentier. René Bihoté, Roger Frappin et Bruno Sévérin sont les survivants de cette époque, ils ont participé à sa construction.

Le bateau est lancé le 26 Février 1948.Armé au Croisic, il reçoit ses ferrements aux AFO de St Nazaire.























 


Durant toutes ces années, Jacques-Yves Le Toumelin vit frugalement, le moindre "sou" est réservé d'abord au KURUN. Il pratique la petite pêche et même s'embarque sur un "mauritanien" pour la pêche à la langouste.
Kurun étant fin prêt, le départ a lieu le 19 Septembre 1949 dans une totale discrétion. Officiellement il partait à l'aventure n'ayant rien dévoilé de ses projets hors ses grands amis d'enfance.

Au large de Castouilet, Kurun largue la remorque de "L'indomptable" à Jean Quilgars et ne la reprendra que le 7 Juillet 1952 à son retour du Croisic.

Durant une année, Jacques-Yves Le Toumelin prépare un 2ième voyage pour les Antilles. Il monte KURUN à Paris, avec jean Quilgars, pour y être exposé au salon nautique de 1952. Il faut entendre Jean raconter cette croisière quasi hivernale, 3 jours à briquer La Manche d'un bord à l'autre en pleine furie de temps avec une navigation à l'estime et dans un passage très fréquenté pour enfin trouver refuge à Salcombe.

L'hiver 1952/1953 est mis à profit pour changer le mât d'origine aux chantiers Jouët de Sarttrouville.
Le départ eu lieu le 29 Septembre 1954, toujours en remorque de "l'indomptable". Au retour le 29 Juillet 1955 c'est "La Sorcière" qui le prend en remorque, mais "l'indomptable" en pêche n'est pas loin.

Après cette "virée" aux Antilles, KURUN fait de temps à autres quelques croisières; Jacques-Yves Le Toumelin y emmène quelques amis. Puis en 1961, KURUN est remisé sous hangar à "Pélamer", son compagnon vaquant à de nouvelles activités.

 

 

Tous ceux qui ont vibré a l'aventure maritime de Jacques Yves Le Toumelin,

tous ceux qui avaient 18 ans et se sont mis à rêver d'extraordinaires voyages sur mer à la barre de voiliers tous plus magnifiques et marins les uns que les autres.

tous ceux qui, influencés par les récits de voyage de Jacques Yves Le Toumelin, ont trouvé leur vocation dans le monde de la mer,

tous ceux là sont en peine de la disparition de l'homme qui les a fait rêver.

KURUN est désormais comme esseulé dans le port du Croisic. Un lien est rompu.

Jacques Yves Le Toumelin reste l'un de nos plus grand marin. A l'heure ou faire le tour du monde en moins de 60 jours n'est plus qu'une péripétie sportive, il faut se remettre dans le contexte de l'époque et du bateau.

Cet homme était très éloigné de l'exploit et pour lui, le bateau, en l'occurrence le Kurun, était un moyen de sa recherche sur l'existence, sur l'approche et la connaissance des autres et de leurs cultures, non un but en soi.

De Jacques Yves Le Toumelin nous retenons aussi la sagesse du temps qui passe. Qu'importe si la traversée dure 20 ou 40 jours! le temps ne fait rien à l'affaire comme le dit la chanson car le principal réside dans la communion avec la mer.

La démocratisation de la plaisance en France est née le jour du retour de KURUN, elle s'est amplifiée avec Bernard Moitessiers puis Eric Tabarly. KURUN, JOSHUA, PEN DUICK les 3 noms de la plaisance en France.

Qui écrira la saga de cette aventure fourmillantes d' anecdotes éparses livrées par les témoins du temps?


Georges Viaud




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